Théorie‎ > ‎

Pilotage : le vol en thermique

1- La situation aérologique 

11 - Schéma explicatif

C'est l'échauffement du sol, qui lui-même échauffe l'air, qui engendre l'activité convective

12 - La "générosité" des thermiques

Certains atmosphères amplifient les phénomènes d'ascendance : ils sont de type instable. Les autres sont de type stable.

La masse d'air a un certain gradient de température : plus on s'élève, plus la température diminue. C'est le gradient statique. Une poche d'air surchauffé quitte le sol et se refroidit de 1°C par 100m pour de l'air sec (gradient dynamique dit adiabatique) et de 0,5 à 0,8°C par 100m pour de l'air saturé (gradient pseudo adiabatique).

Le mouvement ascendant d'une particule d'air s'étouffe lorsque l'air ambiant devient plus chaud que l'air de l'ascendance. Ainsi, une masse d'air est dite stable si son gradient statique de température est inférieur au gradient adiabatique dynamique.

Exemple :


En air stable, l'ascendance de la bulle d'air sera bloquée vers 1000m tandis qu'en air instable, elle montera au-delà de 1000m car sa température est supérieure à l'air ambiant.

;o) L'analyse des émagrammes met en évidence le découpage de l'atmosphère en tranches successives. On peut alors en déduire des informations quant à l'évolution des conditions aérologiques et notamment les formations nuageuses.

13 - Comprendre le thermique

- Tous les thermiques ne se ressemblent pas : le vent, l'humidité, la température, la stabilité de la masse d'air ... influencent la formation, l'alimentation et le déclenchement de ces ascendances. 

- On peut ainsi cotoyer des thermiques aux vitesses verticales importantes (de 1 à 5 m/s en général mais pouvant avoisiner les 10 m/s) ; les diamètres et les épaisseurs varient de quelques mètres à des dizaines de mètres (miliiers de mètres sous orage) ; et la fréquence peut être très régulière sur une pente ensoleillée.

2- Les brises de vallée et les brises de pente

21- Brise diurne montante

Les pentes qui dominent les vallées, sous l'action du soleil montant, chauffent et transmettent une partie de cette chaleur par conduction aux basses couches d'air qui les surmontent, comme une plaque chauffante. Cet air se trouve alors plus chaud, donc plus 'léger' que l'air situé au dessus ou dans les vallées moins ensoleillée. Il a donc tendance à remonter la pente formant la brise de pente.


L'air de la vallée, bien que plus froid, est alors obligé de monter lui aussi afin de combler le vide laissé par l'air chaud des pentes qui s'est échappé par le haut. C'est la brise de vallée.

22- Brise descendante

Lorsque le soleil cesse de chauffer les pentes en fin d'après-midi, le sol se refroidit rapidement. L'air de la vallée, refroidi, tend à s'écrouler vers le fond de la vallée. L'air des pentes n'a pas d'autre choix que de suivre le mouvement descendant puisque le soleil ne chauffe plus assez pour le faire monter. Par conséquent la brise s'inverse et devient descendante.

23- Restitution

Les forêts, la neige, les lacs, la mer, les terrains humides se réchauffent et se refroidissent plus lentement que la moyenne. Les brises sont par conséquent moins marquées. Le soir, ces terrains se refroidissent plus lentement que l'air qui les recouvre. Ils sont donc un peu plus chauds et produisent des ascendances. On peut profiter de ces ascendances du soir pour voler au dessus des forêts. On parle de vols de restitution. Ce phénomène est aussi responsable des brises de mer et brises de terre qui s'établissent sur le littoral. 

3- Chasser les thermiques 

- Le pilote doit tout d'abord avoir une connaissance générale des conditions aérologiques de la journée : air stable ou instable, évolution des conditions, … 
- Ensuite, c'est un observateur des lieux : le site, les contrastes, la topographie, la nature des sols, les couleurs, …
- En vol et en situation " basse ", il repère les mouvements des feuilles et tente d'anticiper les zones de déclenchement des thermiques. En situation " haute ", les oiseaux et les nuages sont ses indicateurs privilégiés.
- Un débutant aura tendance à regarder les autres ailes … qui confortent ou non son analyse préalable. Vous êtes seul, … adoptez le principe " d'humilité ".

31 - La bulle thermique

- Le schéma représente les zones importantes du thermique (schéma Christophe Champetier). Du bleu clair au bleu plus foncé, ce sont les zones les plus favorables à l'exploitation de la bulle. Les zones jaunes ont tendance à sortir le parapentiste du thermique et peuvent être dangereuses (zone de dégueulantes, turbulences).
- Le trajet en rouge optimise l'exploitation de la bulle.

32 - Entrée dans le thermique

- Vous entrez de face : il s'en suit un cabré de l'aile avec diminution de la vitesse et augmentation de l'angle d'incidence qu'on régule en levant les commandes … sans tout lâcher !!! 
- Vous entrez de côté, une partie de l'aile se soulève (la commande devient dure). Il faudra tourner de ce même côté.

33 - Exploitation du thermique

- Vous êtes prés du relief, préférez les 8 avec des virages plus ou moins aplatis selon la taille supposée du thermique. Agrandissez le 8 au fur et à mesure que vous montez.
- Vous êtes loin du relief, enroulez à inclinaison modérée : si le thermique est étroit, on enroule serré pour progressivement élargir sa zone d'évolution; en ascendances larges, l'inclinaison peut être faible avec un travail sellette accru.
- La thermique peut être incliné (par le vent) et engendrer une dérive de votre trajectoire. Vous volez alors au-dessus et en arrière du relief. Attention au retour si le vent forci et à l'effet bagnard en cas de sortie du thermique.
- Vous avez un doute, tournez plutôt vers le vent … pour mieux revenir dans le thermique.

34 - Sortie de thermique

Le pilote rencontre cette fois ci l'inverse de ce qu'il a rencontré en entrant : possibilité d'abattée ou de fermeture asymétrique dont l'amplitude varie avec le feeling de pilotage et la violence du thermique.

35 - Cas particulier du thermique sous le vent

A exploiter qu'avec beaucoup de prudence : pilotage sûr, voile plutôt stable. En général, l'ascendance est d'une forte intensité et les turbulences périphériques sont amplifiées. Dans des cas extrêmes, la voile peut sortir complètement de son domaine de vol, les commandes deviennent dès lors totalement inefficaces.
N.B. : ne pas confondre ce cas de figure avec des vols dans des " micro climats " sous le vent.

Comments