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Mecavol : le vol en turbulence

1 - Les turbulences symétriques

Nous n'envisageons ici que des états transitoires c'est-à-dire liés au caractère rafaleux de l'aérologie ou au passage du pilote dans une turbulence (entrée de thermique par ex.). Les turbulences symétriques engendrent, le plus souvent, une modification du comportement de l'aile essentiellement sur son axe de tangage.

- Rafale de dessous : nous aurons
a) augmentation de l'angle d'incidence
b) augmentation de la vitesse
c) augmentation de la RFA

donc, l'action du pilote visera à réduire l'angle d'incidence en levant les commandes.

- Schémas avec rafale de dessus, avant et arrière.


;o) En cas d'inaction du pilote, une diminution relative de la vitesse de l'aile engendre une abattée. L'aile reprend la vitesse qui lui manque pour soutenir le poids du pilote.

2 - Les turbulences asymétriques

Elles engendrent une modification du comportement de l'aile essentiellement sur ses axes de lacet et de roulis.

Exemple de soulèvement de l'aile à droite :cf schéma infra. Si le pilote est passif, il tombe dans la sellette à gauche favorisant l'amorce du virage à gauche.

;o) Les sellettes avec le système ABS (Anti Balance Système) permettent un report du poids du pilote du côté de la ½ voile ouverte.

Conduite à tenir : en vol, le pilote est aveugle et l'aile sert de canne blanche. L'écoute se réalise à la sellette et aux commandes.
a) déport du pilote sur la fesse droite
b) descente de la main gauche pour garder le contact avec l'aile
c) abaissement mesuré de la commande droite pour éviter un changement de cap

3 - Les incidents de vol

- La vrille est due à un excès d'incidence asymétrique (ralentissement violent d'un côté par exemple). Le pilote reste à la verticale de la voile.

- L'auto rotation, suite à une fermeture ou à un décrochage asymétrique, engage l'aile à tourner très vite. C'est sensible sur des voiles fortement allongées. Le pilote est excentré.

- Le décrochage suit une phase parachutale si on enfonce les commandes doucement : décrochage statique. Si on enfonce les commandes franchement, c'est un décrochage dynamique.

Par conséquent :

En conditions turbulentes, il faut " tenir son aile " en :
- conservant la trajectoire prévue
- conservant l'aile au-dessus de la tête

Mais aussi en :
- étant conscient de son régime de vol
- évitant les vitesses élevées (risque de frontale)
- évitant le taux de chute mini (risque de décrochage)

4 - Pour améliorer ses sensations

Quelques conseils pour peaufiner son pilotage :

- La saisie des commandes : tenue en dragonne, avec ou sans tour de freins, le pilotage sera plus précis avec un travail du poignet minutieux.

- Le contact : la connaissance du point de contact avec TOUT le bord de fuite est essentiel. Le pilote doit savoir quelle position de commandes lui permet d'avoir le contact jusqu'au bout d'aile !

- La sellette : le pilote possède 3 appuis qui sont des capteurs d'information : les fesses, le dos et les jambes (en latéral et avec la planchette).

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